Trahisons et faux-semblants de Ludovic Rosmorduc

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Baam ! Editions, 14,8€, 286 pages

4ème de couverture

« Je me nomme Aurèle d’Angarande, je suis magicien. Autrefois, ce seul titre suffisait à entrouvrir bien des portes, à faire se courber bien des puissants. Mais ce temps est révolu. Aujourd’hui, plus personne ne peut s’enorgueillir d’être magicien. Moi excepté. Je suis le dernier d’entre eux. »

Dans un monde où religieux et chevaliers se livrent une lutte sans merci pour le pouvoir, Aurèle d’Angarande s’est exilé d’Anoth au moment où sa guilde en a été bannie. Ce qui ne l’empêche pas d’ouvrir l’oeil sur la cité et sur ses habitants. Quand, un matin, c’est un cadavre crispé et bleui par le froid qui s’offre à sa vue, il décide de rompre le serment qu’il s’était fait et de franchir une nouvelle fois les murs de la cité fortifiée. Quitte à mettre les pieds en enfer.

Résumé

Aurèle d’Angarande, dernier des magiciens, s’est exclu de la ville et de la société depuis des années. Au château de Fontgrande, il n’a plus que pour compagnie son valet Alboin et les livres, grimoires et autres ustensiles magiques laissés à sa charge par sa guilde déchue. Il passe ses journées à faire l’inventaire des travaux de ses anciens confrères et à épier la ville depuis sa longue vue. Un matin, il ne voit pas se monter le marché hebdomadaire et se rend compte qu’un drame est survenu au sein de la cité portuaire d’Anoth. Sa curiosité le pousse à se rendre en ville pour en savoir plus. Une jeune femme a été retrouvé morte. Aurèle voit là une opportunité pour réhabiliter sa Guilde déchue. S’il parvenait à résoudre ce crime, la Magie aurait peut-être de nouveau sa place dans le monde ?

Mon avis

Une bonne lecture ^^

Le lecteur découvre donc le dernier des magiciens, Aurèle d’Angarande, qui n’a pas quitté Fontgrande depuis des années. Il tente de classer les travaux des anciens magiciens. Et il y a du boulot. Il vit reclus depuis que l’Église a rejeté la magie et a accusé les magiciens d’être hérétiques. Cette même Église qui désire tant prendre le pouvoir les villes et les âmes des sujets mais qui trouve encore de la résistance dans l’ordre des Chevaliers qui ne sont pas prêts de laisser la place. Religion et Chevalerie se livrent une lutte sournoise et sans merci pour le pouvoir. Tout est bon pour damer le pion à l’autre.

Pendant, ce temps, à Anoth, une série d’assassinat a débuté et terrorise les citoyens. En effet, c’est d’abord le corps sans vie d’une jeune femme qui est retrouvé un matin glacial. Son visage s’est crispé en une horrible grimace d’effroi. Même si rien ne semble indiquer un meurtre, son expression elle convainc le seigneur Gui de Longroi, chef des chevaliers, et le cardinal Thored qu’il s’agit bien d’un assassinat. Mais qui peut être responsable de ce crime ? L’église s’en prend à l’absence de vigilance et au défaut de sécurité dans la gestion de la ville par les Chevaliers. Quand au Faucon Noir, le seigneur de Longroi, il penche plutôt pour le Diable en personne… Alors que chacun s’organise pour découvrir la vérité, un second corps est retrouvé le lendemain matin, celui de l’architecte Guildebert. Encore une fois, il ne semble pas de trace de lutte, pas d’indice matériel, mais son visage s’est figé dans une expression de terreur.

Le magicien Aurèle voit alors l’opportunité de redorer le blason de la magie. S’il parvient à découvrir le coupable, peut-être que de nouveau le peuple et ses dirigeants se tourneront vers l’art de sa guilde… L’enquête du magicien va le conduire en ville et à la rencontre de personnages inquiétants, chacun possédant un bien étrange comportement… Dans quoi, Aurèle a-t-il mis les pieds ?

J’ai passé avec Trahisons et faux-semblants un bon moment de lecture. J’ai apprécié le personnage principal, Aurèle, le dernier magicien. On ressent son désespoir et sa résignation. La magie n’est plus la bienvenue. Les magiciens sont morts peu à peu ou se sont reconvertis. Il n’y a plus que lui pour entretenir les connaissances et pour que tous les enseignements magiques ne tombent dans l’oubli. Mais Aurèle a aussi besoin de distraction. C’est pour cela qu’il espionne un peu la ville de loin et surtout qu’il décide d’enquêter sur les meurtres qui se passent en ville. Et puis, il doit se prouver à lui même qu’il est encore vaillant et capable.

L’histoire est bien construite et le roman se lit facilement. Personnellement, j’ai trouvé qu’il y avait un peu trop d’indices qui m’ont permis de deviner avant la moitié du livre qui est coupable. Ensuite, le tout était de découvrir comment et pourquoi. Je regrette un peu que le récit n’est pas été plus long afin de développer un peu plus le côté magique et les sorts que peut réaliser Aurèle. Et en même temps, je comprends qu’on n’en ait pas forcément plus. En effet, la guilde des magiciens est déchue, plus personne à part Aurèle ne pratique encore la magie et peut lancer des sorts et il ne peut pas tout savoir ou tout appliquer. En réalité, le choix de l’auteur illustre le déclin de cet art.

L’entrée en piste de nombreux personnages secondaires est très réussie, elle permet de semer le doute dans l’esprit du lecteur. Sentiment accentué par une double narration. Le point de vue d’Aurèle, on s’attache ainsi à ce personnage qui nous livre ses impressions et ses états d’âme. Et le point de vue omniscient qui nous permet d’assister aux différents meurtres. Ainsi, il y a beaucoup de mobiles et de possibilités quand à ce qui provoque cette série de mort. Le lecteur fait alors ses pronostics quand à la fin de l’intrigue.
J’ai apprécié les descriptions des deux pouvoirs en place, le cardinal et le chevalier en chef. Leur façon de voir les choses paradoxalement différentes et pourtant similaire. Vers le même but : nuire à l’autre afin de gagner plus de pouvoir. Certaines choses n’ont pas changé depuis le moyen-âge, les fonctions et costumes sont justes différents…

La fin m’a plu, j’ai beaucoup aimé la dernière phase d’ailleurs. Mais je l’ai trouvé peut-être un peu rapide. La confrontation entre les personnages ne dure pas assez longtemps à mon goût. Toutefois, c’est une lecture sympathique (même si le fond est bien sombre) qui m’a permis de découvrir un auteur que je relirai avec plaisir. Son style est agréable, fluide et précis. (Je regrette peut-être le titre qui sans qu’on s’y attend donne déjà trop d’idées sur la construction de l’intrigue. Stop, je n’en dirai pas plus ^^ ) Je retrouverai Ludovic Rosmorduc avec Le flibustier du froid aux Editions du Riez.

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Une réflexion sur “Trahisons et faux-semblants de Ludovic Rosmorduc

  1. Il me tente encore plus maintenant!

une petite bafouille !

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