D’azur et d’acier de Lucien Suel

couv5132478Editions La contre allée, 128 pages, 16€

4ème de couverture

« Un écrivain quitte son bureau, son village. Il prend le T.E.R. à la gare d’Isbergues, une ex-cité métallurgique. Il pose sa valise à Fives, l’ex-cité des locomotives. Il va y vivre trois mois, l’hiver 2009-2010.
Un hiver passé à la recherche d’une histoire dont les briques ont gardé la mémoire, le vacarme de la fabrique , la cadence des machines, le potin des locomotives qui sortaient de l’usine et traversaient la mer pour rejoindre le Far West ou l’Argentine.
On suit brique après brique celui par qui le jeu des devinettes est lancé. Est-ce que la friche va devenir une caserne de pompiers ? un espace vert ? un lycée hôtelier ?…
Aujourd’hui, il y a des briques et tous ces arbres semés du ciel par les oiseaux. Et quelquefois, sur les écrans de cinéma, des Indiens galopant le long des voies, à la poursuite des locomotives de Fives. »

En complément audio D’azur et d’acier, la musicienne lilloise Laure Chailloux dialogue en aparté avec Lucien Suel le long d’une lecture musicale.

Mon avis

Une si jolie découverte !

Dans le cadre d’une sortie du Club de lecture l’île aux livres de Lille, nous avons parcouru l’extérieur de la fiche Fives Cail Babcock, avec du son dans les oreilles accompagnés des chercheurs du département Culture de l’Université Lille 3 (le laboratoire de recherche GERiiCO). Grâce à une application smartphone, développée par  Book d’Oreilles qui développe l’application “Les murs ont des voix”, on peut se promener et écouter des passages du livre de Lucien Suel. Après cette belle expérience, on nous a proposé de lire le « carnet de briques » du monsieur et j’ai sauté sur l’occasion !

Si cette sortie vous intéresse, ce lien donne sur notre expérience de Lilith: http://legrenierdelilleauxlivres.wordpress.com/le-challenge-dazur-et-dacier/les-murs-ont-des-voix-retour-sur-les-balades/

Revenons au livre. C’est assez court et il est vite lu mais c’est une expérience à lui tout seul et c’était bien ! Un exercice de style très réussi, une structure en forme de briques (les paragraphes ont tous la même taille comme les briques. Et on alterne entre journal de l’auteur, pêle-mêle d’idées rythmées qui font penser à de la poésie, passé du quartier du quartier Fives à Lille. C’est une belle façon de « vivre » ce quartier en immersion, avec des recherches sur le passé industriel, la vie des gens. La structure fait qu’on est plus dans la poésie que dans le traité, c’est vraiment un carnet comme on pourrait en écrire avec nos idées, ce qu’on apprend au fur et à mesure de rencontres, de pérégrinations. C’est vraiment une belle façon de découvrir Fives et son histoire. Une poésie urbaine.

Dans ce carnet, le lecteur découvrira la friche Fives Cail Babcock mais aussi d’autres usines comme celle des moteurs Diesel, vivra avec peu de mots le bruit, la poussière, la solidarité, les évolutions du métier, les coups durs, la fierté, la rage, la révolte. Mais aussi les préoccupations des riverains de jadis et les impressions des habitants du quartier actuel, que va devenir cette friche ? Entre émotions, instants touchants, l’auteur arrive à retracer un peu de ce quartier qui est souvent mal aimé. Moi j’ai trouvé les coups témoignages, les énumérations de mots qui sont poèmes, magnifiques et très beau. On  ressent la réalité cruelle de la fermeture de l’usine après tous les combats, la mélancolie, le renouveau du quartier entre résignation et espoir. Fives reste finalement encore actuellement un peu de ce village à part d’autrefois.

C’est un format spécial que je ne connaissais pas et je lui trouve beaucoup de charme, c’est surprenant, original et il faut se laisser prendre à l’exercice de style. Le découpage revient souvent sur des choses différentes, la vie de l’auteur dans le quartier, le passé, les témoignages, tout est découpé mais mélangé. On apprend plein de chose sans s’en rendre compte, le passé historique de Fives m’a beaucoup plu ^^ Historique, culturel, industriel. Il y a tant de chose que ne connait pas sur ce qui nous entoure. C’est une belle façon de s’approprier un peu du quartier. Le passé industriel est quelque chose que j’aime, je l’aborde un peu dans mon métier et je suis sensible à ça. J’aimerai vraiment que ce passé reste un peu dans la reconversion du site. Même si c’est rarement le cas dans les réhabilitations de sites.

Mes passages préférés : la passage du barrage, pâté végétal, le journal de l’auteur, l’autopsie de la grande usine. Beaucoup d’émotion dans ce dernier passage, que j’avais déjà ressenti loirs de la sortie Les murs ont des voix. Je le recommande à tous les curieux ^^

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4 réflexions sur “D’azur et d’acier de Lucien Suel

  1. Marie et Anne dit :

    Nous avions fait la sortie et nous avions aimer re-découvrir un Fives passé. Le livre et la sortie sont poétique. Nous avons lu le livre par la suite, qui n’est pas dénaturé par sa retranscription audio. Bref, les deux fur un très beau moment passé!

  2. Lucien Suel dit :

    Merci pour votre compte-rendu de lecture, votre découverte. C’est agréable de voir son travail compris et apprécié.

une petite bafouille !

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