Deuils de Miel de Franck Thilliez

9782266205009

Pocket, 7,20€, 340 pages

4ème de couverture (Spoliers non ? quand même…)

Après le décès accidentel de sa femme et de sa fille, le commissaire Sharko est un homme brisé. Insomnies, remords, chagrin… Difficile dans ces conditions de reprendre du service. Mais une macabre découverte va brutalement le ramener à la réalité : une femme est retrouvée morte, agenouillée, nue, entièrement rasée dans une église. Sans blessures apparentes, ses organes ont comme implosé. Amateur d’énigmes, le tueur est aussi un orfèvre de la souffrance. Et certainement pas prêt à s’arrêter là. Pour Sharko, déjà détruit par sa vie personnelle, cette enquête ne ressemblera à aucune autre, car elle va l’entraîner au plus profond de l’âme humaine : celle du tueur… et la sienne.

Résumé

Le commissaire Sharko après l’enquête éprouvante de l’Ange Rouge, a retrouvé son poste à Paris. Un an maintenant qu’il a traversé un drame terrible et qu’il réoccupe l’appartement parisien au milieu des trains électriques. Alors qu’il vient à peine de rentrer de ses congés en Bretagne, et qu’il lui reste une journée de repos, il est appelé par son divisionnaire. Un corps a été retrouvé dans une église. Une femme nue et attachée au niveau des pieds. La cause du décès reste à première vue un mystère. Le plus étrange est la présence de 7 papillons vivants, sur son crâne, des sphinx tête de mort… Pourquoi cette mise en scène ? Qui était la victime ?

Mon avis

Toujours aussi bien !!!!

Pour qui a lu Train d’enfer pour ange rouge, je trouve que la 4ème de couv’ dévoile un peu trop vite le contenu de cette « suite » (même bon c’est pas plus gênant que ça en fait). Bien que les affaires soient indépendantes, on trouve ici Sharko, le commissaire de Train d’enfer… et donc je trouve qu’il est quand même bien d’avoir lu le 1er pour comprendre la psychologie de Franck Sharko. Maintenant, ils peuvent très bien se lire séparément, les éléments de Deuils de Miel ne viennent pas spoiler l’histoire de Train d’Enfer pour ange rouge et quand c’est nécessaire des explications sont données pour comprendre les références.

On retrouve donc Franck Sharko, commissaire à Paris. Il a vécu un drame un an plutôt et peine à s’en remettre. On le fait enquêter sur un nouveau cas, celui d’une femme retrouvée morte dans une église. Tout indique une mise en scène. Sa position, son doigt qui semble indiquer une direction, les papillons, des sphinx à tête de mort (même si celui de l’affiche du silence des agneaux) qui sont retrouvés sur son crâne. Sans autopsie, le légiste ne peut indiquer la façon donc elle est morte. A première vue, rien n’indique comment elle a perdu la vie, pas de contusion, pas de marques de couteau ou d’arme à feu… A force de réflexion, Franck va découvrir une énigme gravée sur le toit de l’église, ce message date de quelques mois auparavant, tout était donc prémédité. Commence alors un jeu de piste macabre, qui va entrainer Franck sur la piste du tuteur.

Si vous avez la phobie des insectes, ce livre n’est pas pour vous ! Enfin essayer quand même de le lire parce que ça vaut vraiment le coup. Et il n’y a pas tant de passages qui vous perturberont je pense. Personnellement à chaque bruit bizarre dans ma maison, à chaque bourdonnement, j’avais la chair de poule ! J’adore quand une histoire me fait cet effet-là ! Il n’y a pas  un temps mort dans Deuils de Miel, de l’action, de l’action, de l’action. L’intrigue est très très bien montée, beaucoup de rythme. On suit vraiment Sharko dans cette enquête et on ne comprend pas les choses avant lui mais en même temps que lui. Les pièces du puzzle se mettent en place petit à petit. On pense avoir compris et comme Franck Sharko on est quand même surpris à la fin.

C’est un plaisir de retrouver le commissaire Sharko même si on retrouve un homme fragilisé par ce qu’il a traversé. On découvre une nouvelle facette de ce personnage, comment il surmonte le drame qui a subi, tout cela, en parallèle de l’enquête. Il a de plus en plus de mal à trouver le sommeil et cette enquête le fait basculer dans l’horreur. Dans cet opus, on découvre un monde souterrain rempli de personnes malsaines d’une part et d’aficionados des petites bébêtes en tout genre d’autre part.  L’intelligence du commissaire est mise à l’épreuve par le tuteur et il s’en sort brillamment mais cela n’est pas sans danger.
Cependant, il y a des choses qui se passe autour de Sharko qui vont perturber le lecteur, qui n’auront rien à voir avec l’enquête et on commence à comprendre certaines choses et d’autres nous surprennent complètement. Le commissaire va faire d’étranges rencontres, par exemple, une petite fille dont la mère ne s’occupe pas, va venir régulièrement  trouver Sharko pour qu’il s’occupe d’elle… Qui est-elle ? que veut-elle  ?
Franck Thilliez sait vraiment faire évoluer son personnage principal dans une direction que l’on n’attend pas.  On n’imagine pas la tournure que prend la vie du commissaire … C’est le point fort de l’intrigue, cette façon de jouer avec son personnage, de malmener ce flic doué et intelligent. Cette force de l’auteur de chercher à faire un polar différent de ses confrères avec un personnage attachant, fort mais fragilisé, complexe, simplement différent.

Comme d’habitude, on sent de la part de l’auteur, tout un travail de recherche en amont de la rédaction, cette fois, sur les insectes, les théories qui peuvent se développer autour de leur domination sur la race humaine, sur la fascination de certaines personnes pour les araignées, les poisons, etc . Tout est bien décrit, les lieux, les scènes, les collègues de Franck, … et les atmosphères sont bien posées, oppressantes quand il le faut. On est plus d’une fois en empathie avec Franck ou avec ses collègues Sibersky notamment.

Deuils de miel m’a semblé plus court que les autres romans que j’ai lu de Franck Thilliez, ça n’est pas forcément négatif, il se lit très bien, très vite, peut-être manque-t-il toutefois d’un peu de suspense, Sharko devrait peut-être piétiner un peu plus avant de trouver le pourquoi du comment del’intrigue ? Il m’a semblé moins trépidant que les précédents mais peut-être parce que je le trouve vraiment plus centré sur la physiologie de Franck Sharko ?

Ce roman est vraiment en continuité avec Train d’enfer pour ange rouge. Bien sur, il fait référence à l’enquête du premier, à sa résolution mais on retrouve les petites manies si attachantes du commissaire, les trains électriques, le voisinage excentrique, … puis on apprend plein de nouvelles choses sur sa façon de raisonner, sur sa vie, son travail.

Ce roman est donc surtout centré sur le personnage principal même si l’enquête est bien menée et que l’on prend plaisir à remonter le fil de l’intrigue. J’ai hâte de me replonger dans le style si percutant de Franck Thilliez. Le prochain sera La forêt des ombres.

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