Beauvoir in love d’Irène Frain

beauvoirinlove

Michel Lafon, 407 pages, 20€

Lu dans le cadre du challenge « Beauvoir In Love » de L’île aux Livres, Club de Lecture de Lille

4ème de couverture

On connaît la légende Beauvoir, intellectuelle majeure du xxe siècle, figure de proue du féminisme et compagne de Jean-Paul Sartre. Mais que sait-on de l’amoureuse déchirée qui se cachait derrière l’icône ?
1947. Simone de Beauvoir débarque aux États-Unis pour donner une série de conférences sur l’existentialisme. En vérité, Sartre fait tout pour la tenir à l’écart de son idylle avec la mystérieuse Dolores Vanetti. Là, à près de 40 ans, Beauvoir va faire la rencontre d’un écrivain américain hors normes : le séduisant Nelson Algren. Dès leur premier échange, c’est le choc. En moins de vingt-quatre heures, dans les bas-fonds de Chicago, entre bars sordides, planques de junkies et un deux-pièces sommaire, Simone revit. Avec Algren, elle va découvrir ce qu il y a de plus bouleversant dans l’amour au masculin : ses élans de romantisme, ses fureurs et ses émois enfantins…
Constamment attisée par leurs séparations et d’éphémères retrouvailles, la tension amoureuse se fait parfois insoutenable. Mais elle réveille aussi l’énergie créatrice des deux amants. C’est à ce moment-là qu’ils écrivent leurs chefs-d’oeuvre : Nelson, le roman qui lui vaudra la gloire, L’Homme au bras d or, et Simone Le Deuxième Sexe, texte fondateur de la libération des femmes.
Ils auront, en tout et pour tout, été réunis pendant moins d’un an mais le souvenir de leur histoire les hantera jusqu’à la mort. À travers ce livre , Irène Frain fait renaître toute la magie et l’illusion des amours impossibles. Celles qu’on n’oublie jamais.

Résumé

Simone de Beauvoir est la compagne de Jean-Paul Sartre, une femme au cerveau d’homme, féministe, … Alors que Sartre vit une amour contingente avec Dolorès, Simone part à New York où elle doit commencer une tournée sur l’existentialisme à travers le pays. Mais elle a peu de dates, un coup de Dolorès sans soute… Simone, Le Castor, ne se laissera pas faire, d’abord elle veut voir cette femme, cette rivale, puis elle veut lui montrer qu’elle est capable, elle aussi, d’avancer ses pions en silence… Le tournée se remplie, Dolorès a rejoint Sartre à Paris, et Simone cherche à découvrir l’envers de l’Amérique et de son rêve, en découvrant les bas-fonds. Mais c’est à Chicago qu’elle se rend pour cela et demande à Nelson Algren, qui lui a été recommandé par une connaissance commune, de lui servir de guide. Malgré la barrière de la langue et du statut, Simone et Nelson font partager bien plus que les bas-fonds de Chicago…

Mon avis

Un livre intéressant

J’ai bien aimé cette lecture même si je ne sais pas si elle me marquera vraiment.

Irène Frain nous raconte cette partie un peu cachée de la vie de Simone de Beauvoir, une figure du monde littéraire dans les années 40/50 (et après). Son histoire compliquée avec un écrivain américain Nelson Algren. J’avoue ne rien connaitre sur Simone de Beauvoir ou sur Nelson Algren, voire même sur Sartre. Des auteurs que je n’ai jamais lu et dont je ne me sens pas l’envie de découvrir. Je suis quand même ravie d’avoir lu ce livre qui nous montre Simone de Beauvoir sous un jour peu connu et qui éclaire sur la relation Beauvoir / Sartre.

J’ai apprécié d’avoir uniquement l’histoire de Simone à ce moment-là de sa vie. Je ne pense pas que j’aurai pu accroché à une biographie de son adolescence à sa mort par exemple. Ici, on a des éléments qui sont donnés bien sur, sur ces périodes avant et après Algren, mais par touche, de temps en temps, sans que ça donne l’impression d’un traité sur la Dame.

Ce roman m’a permis de découvrir beaucoup de choses. Notamment sur la relation Beauvoir/Sartre, le coup de foudre intellectuel, les surnoms, … j’ignorais tout des amours contingentes, du pacte sur leurs amours « libres ».  Du coup, on découvre à la fois une Simone, jalouse (de Dolorès surtout), malheureuse, qui ne vit pas vraiment sa vie, qui pardonne tout à Sartre, qui le protège en dépit de son propre bonheur, qui se sacrifie, qui se passe complètement après lui, et une Simone, qui apprend à revivre, qui vit une histoire presque tirée d’un conte de fées, qui profite, qui s’amuse, qui foisonne de nouvelles idées, une Simone amoureuse. Parfois, je me demande, comment les deux personnalités ont pu cohabiter. Difficile de se mettre à sa place, on la plaint, plus souvent qu’on voudrait lui ressembler. Et pour une féministe, ce pacte est très contradictoire, je trouve (même si on nous explique qu’elle a accepté cela dans sa jeunesse, sans vraiment y penser et qu’elle pourrait en tirer avantage, c’est le contraire qui se produit). Car, il y a toujours l’ombre de Sartre, ses lettres, ses demandes, son égoïsme, il la pousse hors du pays quand ça l’arrange, l’empêche de profiter pour son bien-être à lui. C’est bien simple, dans ce livre, Sartre le déteste ! On a l’impression d’un horrible chantage intellectuel et affectif, il m’a fait l’effet d’un pervers narcissique. Mais quelle ampleur cela prenait-il dans la réalité ?

Parce que voilà, ce qui m’a un peu gêné dans le roman c’est de ne pas trop savoir ce qui est romancé. Tous les faits semblent s’être passés (il y a des photos, des lettres, des écrits pour en attester) mais quelle est la part développée par l’auteur ? Simone était-elle vraiment comme ça, à la fois, le Castor, et une femme passionnée ? Sartre semble-t-il aussi abjecte ?

De plus, on nous indique que Simone et Nelson vont vivre une véritable passion. J’ai eu du mal à ressentir le caractère passionné de cette histoire, est-ce du au style utilisé par Irène Frain, ou à autre chose, je ne sais pas vraiment. En tout cas, je n’ai pas vécu ça en empathie avec les protagonistes. Cependant, c’est vrai, il y a de belles choses, de très beaux passages entre Simone et Nelson, et d’autres plus « cruels » mais pas suffisamment pour que je ressente une tension, un déferlement de sentiments, du tumulte, de l’Amour, de la Haine,… On découvre les instants entre Simone et Nelson, leur rencontre, les longues séparations, les retrouvailles, les courriers échangés, le voyage sentimental de Chicago au Mexique, puis le délitage de cette relation empoissonnée par l’ombre de Sartre, par les secrets de Simone, par le caractère qui pouvait être épouvantable de l’un ou de l’autre dans ce couple Nelson/Simone…

Beauvoir in love permet également de découvrir Nelson Algren, un auteur américain qui a eu beaucoup de succès après une traversé du désert. On nous le montrer comme quelqu’un de romantique, mais d’assez macho quand même. Séduisant, avec de l’humour. On apprend des choses sur son parcours, sur sa fin de vie aussi comme pour Simone. La création de ses œuvres. Il est aussi montré comme quelqu’un d’épouvantable parfois, torturé par la Maudite Sensation, cette impression que les gens se liguent contre vous, qu’ils sont contre vous. Il ne m’a pas semblé horrible, c’est vrai que parfois on lui prête un discours véhément mais dans le fond n’a-t-il pas été floué par Simone dès le début, elle qui ne lui a jamais vraiment tout raconté ? Elle a voulu couper en deux sa vie mais sans y parvenir. Quelque part cette relation est belle mais tragique, et ne pouvait pas se terminer autrement.

Concernant le style, au début, c’est un peu perturbant, c’est très découpé, en énumération. Des phrases courtes, sans verbe parfois. Mais finalement, je me dis que c’est beaucoup plus abordable comme ça. Cela permet d’aller plus vite, d’aller à l’essentiel, de créer un rythme. Cependant, est-ce que ça ne serait pas à cause de ça, que je n’ai pas été happée par l’histoire d’amour entre Simone et Nelson ? Peut-être. En tout cas, certains passages sont magnifiquement bien écrits, avec une touche de romantisme sans toute fois tombé dans la mièvrerie et le fleur bleue. J’ai même relevé des passages pour les garder ^^ ça ne m’arrive pas souvent ! J’ai aimé les passages et les descriptions des villes (New York, Chicago, les villes du voyage sentimental), on a presque l’impression d’y être, ça donne envie de voyager, de découvrir.
Par contre, je suis allé voir des photos des protagonistes et j’ai été surprise de voir que mon imagination ou la façon dont l’auteure parle de ces personnes, est assez loin de la vérité.

J’ai passé un bon moment de lecture , c’était très intéressant. Cependant, je ne sais pas si je serai marqué longtemps par cette lecture. Je pense qu’il m’a manqué quelque chose. De la passion dans la passion sans doute. Je n’ai toujours pas envie de lire du Sartre ou Simone de Beauvoir. Pas vraiment envie de lire Algren non plus ou peut être les romans avec des évocations de Simone, mais je ne pense pas que je le ferai.

J’ajouterai que je suis fan de la couverture !

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2 réflexions sur “Beauvoir in love d’Irène Frain

  1. La couverture est superbe en effet ! C’est vrai qu’avec les biographies romancées, c’est toujours difficile de démêler le vrai du faux… Mais ce livre me tente bien pour en découvrir un peu plus sur cette icône du XXe siècle 🙂

une petite bafouille !

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