Le ballet des âmes de Céline Guillaume

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Édition du Riez, 18,90€, 242 pages

4ème de couverture

Voilà une fresque pleine de souffle et d’émotion, en cette aube du XIIIème siècle, celui d’un parcours extraordinaire, celui d’Enora, une simple paysanne orpheline, qui depuis son enfance, porte le poids d’une terrible prophétie.
Comme des enluminures: la pourpre et l’acier des chevaliers, l’envoûtante et mystérieuse Bretagne des Légendes, le ferraillement des tournois et des guerres féodales… suivez ces destins enchevêtrés dont Enora tient les fils.

« Les livres de Céline sont comme une perle d’éternité.
A protéger du temps qui passe et à garder comme des trésors. »
Mireille Calmel

« La ravissante petite sorcière-Valkyrie des voyages au style wagnérien. »
Amélie Nothomb

Résumé

Enora vit chez la Gerbaude, une horrible bonne femme qui la malmène, l’épuise de corvées et la bat sévèrement parfois. Enora est un peu fragile, timide et rêveuse, et plus que ça, elle voit des choses qu’elle seule peut voir. Elle ne connait ni son père, ni sa mère et a beaucoup de mal à s’aimer du haut de ses 12 ans. Après avoir fuit la Gerbaude, Enora s’endort dans la forêt, à son réveil, elle découvre un spectacle de désolation et de mort. Elle va échapper de peu à un tragique destin et veillée par Linus et Urielle, elle va commencer à découvrir la vérité sur son passée et sa destinée et son lien avec une ancienne prophétie…

Mon avis

J’ai beaucoup aimé l’écriture de Céline Guillaume, une plume emprunte de douceur, de fragilité, de poésie et d’élégance. Ce que je n’avais pas trop aimé dans la Baronne des Monts Noirs, des phrases belles mais trop chargées, trop enlevées, je ne l’ai pas retrouvé ici et donc le style magnifique est beaucoup mieux passé.

De plus, Céline Guillaume a créé un univers à la fois enchanteur et féérique en opposition totale avec la réalité d’Enora froid, violent, sombre et cruel, qui m’a plut. L’opposition entre les deux « mondes » celui-ci des âmes, des êtes fantasmagoriques, de magie et le moyen âge de guerre, de lutte de pouvoir, de violence et de mort, est réussie.

Le vocabulaire et le style sont plutôt bien adaptés à l’époque compté, le XIIIème siècle, mais peut-être qu’il n’y a pas assez de détails sur le monde en général, parce qu’on peut oublier parfois complètement l’époque, pareil concernant le lieu, « la Bretagne des légendes » n’est pas pour moi suffisamment développée. C’est un aspect que j’aurai bien aimé approfondir par cette lecture.

On découvre Enora a l’âge de 12 ans, élevée par une femme dure et méchante. C’est une jeune fille qui ne connait pas ses parents, qu’on a apporté un matin au village, elle représente plus un poids ou un fardeau à la Gerbaude qui pourtant ne se plaint pas quand tout est fait pour elle. Par contre, il ne faut pas qu’Enora fasse un pas de travers, sinon … On découvre donc cette petite qui ne s’aime pas et que personne n’apprécie beaucoup, peut être juste une voisine de son âge qui l’aide quand elle se fait rouer de coups. Enora peut voir un cerisier et une apparition de dryade que les autres ne peuvent pas voir, elle est particulière, pas comme les autres enfants. Puis une succession d’événements vont amener Enora a être recueillie par la vieille Linus, un peu sorcière et Urielle, une jeune femme magnifique, son apprentie. Elles sont guérisseuses et vont lui raconter l’histoire de jumeaux cachés à leur naissance et qui ont une étrange marque au bas du dos, marque lié d’une prophétie remontant aux origines de l’humanité.

J’attendais beaucoup d’en savoir plus sur la prophétie, sur son sens, et je suis resté sur ma faim. De plus, j’ai compris les choses assez vite, alors qu’Enora elle va mettre tout le roman pour comprendre, alors que les indices énormes lui sont donnés. Il va se passer des choses qui m’ont mis mal  à l’aise (j’aime bien parfois, mais là ce sujet délicat (très bien abordé cela dit), j’ai du mal) parce que je savais et je n’ai pas compris pourquoi ça devait obligatoirement se passer comme ça. J’ai eu du mal à cerner Enora. Sa vie n’est qu’une succession de drames, au début elle les subit faute de savoir, on a de la peine pour elle, on compatit à sa triste situation, battue par la Gerbaude, paumée, ne sachant pas qui elle est. Mais ensuite, elle ne fait pas les liens et on a l’impression qu’elle subit sans réagir, qu’elle est passive, parfois on croit qu’elle va réagir et puis non, du coup, on a plutôt envie de lui dire de se secouer et de s’enfuir loin et vite. Oui, bien sur, il faut remettre dans le contexte du XIIIème siècle, mais elle a 15 ans, on imagine qu’elle pourrait faire autrement. Je n’ai pas compris que le sort s’acharne sur elle à ce point alors qu’on nous la décrit au début comme ayant une destinée importante. Quelque chose a du m’échapper. La fin du récit est logique, je ne voyais pas comment l’histoire aurait pu finir autrement. En tout cas, même si je n’ai pas su me faire à certains aspects de l’histoire, je ne me suis pas ennuyée pendant ma lecture.

J’aurai bien aimé plus de détails, de choses sur les personnages secondaires, la vielle Linus, Urielle, ou Kristel, on en apprend pas assez et du coup, on a du mal à s’attacher à un ou des personnages secondaires, en plus la noirceur très bien décrite par Céline, laisse peu de place à de l’affection de notre part pour les autres personnages.

Je crois que je ne suis pas faite pour les récits de ce type qui se passent à cette époque. J’aime certains aspects mais d’autres me bloquent complètement. Et puis, j’aurai aimé que l’ensemble du récit soit un peu plus développé pour que ces aspects bloquants s’atténuent et accrocher mieux à l’histoire. Je crois que je suis passée à côté des messages cachés dans ce roman. Peut être que je le relirai dans quelques temps.

En tout cas,  j’ai beaucoup apprécié l’écriture et le style de Céline Guillaume, la façon bien à elle de placer les mots, la poésie mélodique créée à la lecture, et sa façon de décrire la noirceur ou la beauté de l’âme et la vision de l’univers enchanteur des dryades, on se laisse facilement emporté par son écriture dans ce livre, je la retrouverais avec plaisir dans les anthologies que j’ai dans ma PAL où elle a écrit des nouvelles (Les sombres romantiques notamment).

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5 réflexions sur “Le ballet des âmes de Céline Guillaume

  1. demoisellecoquelicote dit :

    Bon, bah, je ne suis pas d’accord avec toi hein ^^ Mais tu as bien fait de récupérer le livre 😉 Il n’y a donc que moi qui suis choquée par un auteur qui fautes ? 0_O

    • Franchement autant La Baronne c’était bourré de fautes autant celui là, j’ai pas percuté, mais bon, je suis pas non plus des plus calées en orthographe.

      • demoisellecoquelicote dit :

        Le fait de savoir qu’elle fait des fautes lorsqu’elle écrit, et qu’elle ne cherche as d’elle-même à les corriger, ça me bloque complètement. Après ce n’est peut-être pas vrai, mais éditer comme ça…

  2. Maia dit :

    En effet une belle écriture et un monde enchanteur, mais cette prophétie qui manque cruellement d’être exploitée! Si la fin d’Enora semble prévisible, je suis d’accord avec toi pourquoi lui faire subir tant d’épreuves et pourquoi ne pas lui faire accomplir plus de choses!
    Ce qui t’a choqué c’est, je suppose, les relations avec le duc de Kerjean? (je sais plus le titre exact). Moi aussi j’avais vu venir le truc mais bon çà ne va pas choquer outre mesure.
    Bisous

une petite bafouille !

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