Sous le règne de Bone de Russell Banks

Russell-Banks-Sous-le-regne-de-BoneBabel, 9,70€, 438 pages

18 ème LC du Club de Lecture Lillois,  L’île aux Livres

4ème de couverture

« Mon existence est devenue intéressante, disons, l’été de mes quatorze ans. J’étais à fond dans la fumette et comme j’avais pas d’argent pour m’acheter de l’herbe je me suis mis à fouiner tout le temps dans la maison pour dénicher des trucs à vendre – mais il n’y avait pas grand-chose. » C’est alors que Bone, avec sa crête, son nez percé et le tatouage fondateur de son identité – des os en croix – prend la route, et que le roman se déploie au fil de ses aventures et de ses rencontres avec tout ce que l’Amérique puis la Jamaïque comptent de marginaux, d’aventuriers et de sages. Un percutant roman de formation, proche du road movie, et devenu le texte emblématique d’une certaine jeunesse américaine de la fin du XXe siècle.

Résumé

Chappie, 14 ans, vit chez sa mère et son beau-père à Au Sable, une petite ville où il n’y a pas grand chose à faire. Chappie sèche régulièrement les cours, fume et a un look « punk », il n’aime pas vraiment sa vie chez ses parents et squatte régulièrement chez son pote Russ. Après avoir volé l’argent de sa mère, il prend la porte du domicile familial définitivement pour s’installer avec Russ sur son canapé. Faut dire qu’il n’y a pas beaucoup de place, les coloc’ de Russ sont des bickers à la limite de la violence, plongés dans des trafics. Pour survivre, Chappie revend de l’herbe, et traine souvent dans le centre commercial où il n’est pourtant pas le bienvenu. Un jour, l’enchainement d’évènements fera que Chappie quittera la ville, deviendra Bone et rencontrera des gens sensiblement différents qui auront un impact sur lui…

Mon avis

Difficile de résumer ce roman de Russell Banks, que je n’ai pas vraiment (su) apprécié. J’ai eu beaucoup de mal à me mettre à ma lecture, à avoir envie de tourner les pages. Déjà, le thème et le résumé ne m’inspiraient pas vraiment et le style de l’auteur (en fait la traduction, je pense) ne m’a pas aidé du tout.

On a deux parties à ce roman, d’abord aux USA, où Chappie nous raconte sa vie, ce qu’il fait, avec qui il vit, on sent que quelque chose ne va pas, mais, il ne se livre pas tout de suite. Puis, suite à des rencontres et une série d’événements, il va se rendre en Jamaïque.

Au final, ce livre se lit assez bien, rapidement mais n’a pas su me convaincre. Surtout à cause du style, le récit à la première personne ne me dérange pas d’habitude mais là ça manquait de quelque chose, de rythme peut-être. Et j’ai eu beaucoup de mal avec le découpage de la transposition des dialogues notamment. Et puis, je n’ai pas réussi à m’attacher à Bone, pourtant la vie de cet adolescent américain, n’est vraiment pas facile, on ne suit pas un drogué ou un junkie mais un gosse paumé avec des secrets et des espoirs déçus. Et pourtant, je n’étais pas accroché, à savoir ce qu’il allait vivre, ce qu’il allait faire, ce qu’il allait décider. Au début, il est un peu antipathique puis on comprend les choses, et son image remonte, mais il m’a manqué quelque chose pour que je m’attache, me sente proche ou m’intéresse à lui. Cela vient peut-être de sa manière de s’exprimer, d’une certaine indolence dans sa façon d’expliquer les choses. J’ai trouvé, qu’à part quelques passages, ça manquait de sentiments ou d’émotions, de rage, de désespoir, d’exaltation, de doutes… presque tout est raconté sur le même ton. Je me doute que ça doit avoir à voir avec la fumette, la culture rasta, mais … j’ai pas du comprendre ! Avec le récit à la première personne, c’est encore plus gênant.

Et pourtant, l’histoire est bien, les thèmes abordés également (la quête de soi, la recherche d’un ailleurs, le changement, l’apprentissage, le souvenir etc.). En plus, Russell Banks sait de quoi il parle, il est issu d’un milieu moins favorisé que d’autres, il a beaucoup voyagé,  a accumulé les petits boulots, … Je pense que pour moi, le gros soucis a été la traduction et le style qui en ressort. Accentué par des traductions perturbantes des thermes utilisés dans la « philosophie rastafarie » exemple « Je-même » qu’est-ce que ça sonne mal ! Et « Je&Je » au lieu du « I&I » ! On en vient à ne pas comprendre de suite la signification de « I-Man » du coup… Quel dommage. Surtout que c’est une culture, un état d’esprit, que je ne connais pas, et que je découvrais dans ce livre. Et lire ce que j’en ai lu, ne m’a pas donné, je le déplore, l’envie de m’y intéresser, de découvrir, d’en apprendre plus. Alors que la découverte d’une culture différente devrait être un point positif du livre, la narration ne m’a pas accrochée et du coup, je suis complètement passée à côté.

Non seulement, je ne me suis pas attachée au jeune Bone, sauf à la toute fin quand on comprend qu’il ne recherche plus que la compagnie de personnes qui ne lui voudront aucun mal et qu’il s’aperçoit vraiment être différent par rapport à l’année précédente. Mais c’est trop tard. Et dans l’ensemble du livre, il n’y a pas de personnage secondaire que j’ai pu apprécié pour rattraper cela,  ni la mère de  Bone, ni I-Man, peut-être juste Froggy/Rose, mais on ne s’attarde pas beaucoup dessus…

Pourtant, ce qui nous est raconté est terrible (une vie ou société où tout se monnaie, où on doit toujours vendre quelque chose drogue, sexe, son corps,…) , ça devrait marquer et je crois que dans quelques semaines, j’aurais oublié ce livre. Les éléments importants sont sous-jacents, normal, un gamin de 14 ans qui n’a pas clairement appris le Bien et le Mal (c’est lui qui le dit) ne peut pas tout expliquer. Du coup, pas de franche dénonciation, pas de révolte (des trafics, des abus, des dangers de certaines personnes,…) . Peut-être est-ce la volonté de l’auteur d’exposer tout ça de cette manière, comme si de toute façon, les choses ne pouvaient pas changer, être différentes ?

Il y a quand même deux-trois passages, que j’ai trouvé très bien, comme la première page, avec l’explication de Bone sur sa vie plus intéressante à sa 14ème année, l’expérience étrange qu’il vit dans la grotte en Jamaïque ou la fin et ses réflexions sur l’homme. Malheureusement, passages trop peu nombreux pour « me sauver » le livre.

J’insiste sur le fait que c’est mon ressenti, ma perception de la lecture, parce que je sais que certaines personnes l’ont adoré et je peux comprendre pourquoi, mais ça n’a pas été mon cas.

Un livre à lire en VO ?

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3 réflexions sur “Sous le règne de Bone de Russell Banks

  1. Natiora dit :

    Ah zut ! C’est dommage que la narration ait gâché le plaisir de lecture. J’étais enchantée à l’idée de lire ce livre, j’aurais aimé pouvoir le lire à temps. Il reste en haut de ma PAL, on verra si j’accroche plus que toi.

  2. […] Envi d’autres points de vue ? Cliquez sur les liens suivants: La chronique de Dawn […]

une petite bafouille !

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