Le Requiem d’un Soupir de Tiffany Schneuwly

Tout d’abord, je souhaite remercier Chica d’avoir organisé un concours sur son blog A l’abordage de la culture pour permettre à une ou un chanceux de découvrir le roman de Tiffany Schneuwly ! Et un grand grand merci à Tiffany Schneuwly (et aux Editions Val Sombre) d’avoir acceptée ce concours et de m’avoir si gentiment dédicacée mon exemplaire gagné. J’ai passé un super moment avec vous deux lors de la Foire aux Livres de Lille ! MERCI BEAUCOUP !!!

Val Sombre Editions, 20 €, 189 pages

Quatrième de couverture

« Une inspiration… une expiration… un soupir…

La vie de Mercedes se résume à cela. A 19 ans, elle souffre d’un asthme sévère et ne peut profiter de sa vie comme elle le souhaite. Voyant qu’elle passe à coté de toutes les expériences d’elle devrait vivre durant son adolescence, une étrange petite fille va venir à sa rencontre afin de lui apprendre à profiter de sa vie.

L’asthme est une maladie commune, mais pas moins grave pour autant. Découvrez l’histoire d’une jeune fille qui se bat pour survivre, pour soupirer son requiem… »

Résumé

Eté 2004, Mercedes fête ses 19 ans. Elle passe la journée avec ses deux meilleures amies Coralie et Alice, et font les boutiques du centre commercial. Quand soudain, Mercedes fait une crise d’asthme et ne parvient pas à se calmer par elle-même. Elle est donc transportée à l’hôpital. Asthmatique depuis environ 4 ou 5 ans, les crises sont de plus en plus fréquentes et de plus en plus dur. Mercedes met souvent des jours à récupérer. Ce jour là, elle peut rentrer chez elle le soir, mais elle se sent coupable d’avoir à faire subir tout cela à sa famille et à ses amies. Même si sa mère est très soucieuse, elle réussit à lui remonter le moral et le soir elle fête son anniversaire en famille. Le lendemain, réveillée par la sonnette de la porte d’entrée, Mercedes se retrouve un matin devant une petite fille devenue vendre du mimosa. Étrange enfant qu’elle n’a jamais vu auparavant qui pénètre dans sa maison comme si elle était chez elle et lui parle innocemment mais avec des propos d’adultes. La rencontre est brève et Mercedes ne se pose pas plus de question.

On suit ensuite Mercedes lors de sa rentrée des classes, l’année du bac, année si importante, elle va devoir faire face à des crises d’asthme assez violentes, et leurs conséquences, louper les cours, les rattraper, beaucoup travailler. Elle va revoir plusieurs fois la si étrange petite fille, lors de plusieurs événements et à chaque fois la petite va l’aider dans ses prises de décision.

Le roman étant relativement court et ne souhaitant pas trop en révéler, je m’arrête là dans le résumé.

Mon avis

On est immédiatement plongé dans le quotidien de Mercedes. Les crises d’asthme sont fréquentes, assez violentes et l’épuise beaucoup. Elle se retrouve souvent à l’hôpital. Très observatrice, elle se rend bien compte que sa mère souffre et s’inquiète beaucoup de voir sa fille dans cet état de santé fragile. Mercedes culpabilise beaucoup et se prive d’énormément de choses (sorties, rencontres,…) pour ne pas prendre des risques qu’elle juge inutile, pour ne pas faire souffrir les gens qui l’aiment et qui l’entourent, notamment ses deux meilleures amies Alice et Coralie, et ses parents. Elle évite de rapprocher des gens et à peu d’amis, elle connait mal ses camarades de classe. Son asthme sévère l’empêche de vivre sa vie comme elle le voudrait, elle est souvent mal à l’aise et mélancolique. Mais elle se bat.

On s’attache très vite à cette jeune fille et à ses amies. Mercedes est forte sans le savoir, elle assume beaucoup de choses, elle a grandit trop vite. Elle oublie de vivre pour elle et non à travers son asthme.
Et c’est que la petite fille va lui faire comprendre. Elle ne doit pas refuser de partager des moments en groupe, de se rapprocher des gens et de vivre ses propres expériences. La petite est là en quelque sorte pour la faire réagir, lui montrer le chemin, elle doit profiter de sa vie. Cette étrange petite fille lui apporte réconfort, encouragement et espoir.

Les amies de Mercedes sont des jeunes filles attachantes, un peu fofolles, avec des caractères très différents. Elles savent comment réagir quand Mercedes fait une crise, elles la soutiennent de manière indéfectible et lui remontent le moral, lui changent les idées.
Et Mercedes en a bien besoin, en plus des crises qui arrivent n’importe quand (en classe, en soirée, même en dormant) et de se retrouver souvent à l’hôpital, en cours, un professeur la persécute, et la fait passer pour une paresseuse qui prétexte des soucis de santé pour sécher les cours.

J’ai appris avec ce livre que l’asthme n’est pas qu’une maladie bénigne, il y a des formes graves qui engendrent des hospitalisations et des temps de récupération importants. Et c’est très difficile à vivre physiquement et moralement. Et dans sa forme aiguë, cela peut être également une maladie mortelle. Ce roman permet une prise de conscience sur la maladie qu’est l’asthme. Les émotions sont brillamment retranscrites, ce que ressent Mercedes, comment elle vit ses crises et comment elle se sent après. L’histoire n’est pas une auto-biographie mais Tiffany, l’auteure, s’est inspirée de son vécu.
Les scènes décrites en sont plus subtiles, fortes, précises et chargées émotionnellement.

L’écriture de Tiffany Schneuwly est légère et fluide, précise et travaillée. Une fois plongée dedans, on est captivé. La lecture est facile, le rythme rapide et on ne s’ennuie pas. Si comme moi, il vous arrive d’être sensible, il n’est pas négligeable d’avoir quelques kleenex avec soi pendant la lecture.

Le coté fantastique de l’histoire, avec la présence de la petite fille, n’est pas prédominant, il intervient par petites touches dans le récit, cela permet de ne pas nuire au message que veut nous fait passer Tiffany, l’asthme est une maladie grave, à prendre au sérieux, il est parfois très difficile de trouver un traitement adapté et cette maladie a des conséquences dans la vie sociale, professionnelle et personnelle des personnes atteintes. Mais cette touche de fantastique permet d’amener de la légèreté et de l’espoir.

J’ai beaucoup beaucoup aimé ce roman et j’ai été bouleversé par l’histoire de Mercedes, belle et émouvante. Tiffany réussit à nous sensibiliser sur cette maladie au travers d’une histoire forte mais sans être moralisatrice ni tomber dans le pathos. Je suis restée longtemps à m’interroger, à réfléchir une fois le livre fini. Ce qui est sur c’est qu’il m’a beaucoup marqué, je le recommande.
C’est un coup de !

Ayant rencontré l’auteure, j’ai entamé ma lecture, en sachant que l’histoire se passe en Suisse et qu’il y a parfois  quelques différences avec la France. En effet, quelques détails diffèrent mais c’est vraiment minime et quand on le sait avant, on s’en aperçoit pas vraiment.

Pour en savoir plus : un petit mot de l’auteure (tiré de son site internet Tiffany Scheunwly, n’hésitez pas à aller y faire un tour !)

Cette histoire n’est pas autobiographique. Fortement inspirée de mon vécu, elle s’éloigne cependant de ma propre vie et met en scène un personnage pas si inventé que ça. En effet, Mercedes doit son prénom à une jeune fille qui s’appelait également ainsi et qui est décédée d’une crise d’asthme peu avant ses 20 ans. J’ai choisi de mêler une part de fantastique à cette histoire afin de l’adoucir. Mais cette part reste cependant minime pour que les lecteurs n’oublient pas qu’il s’agit d’une réalité, que cette maladie est grave et qu’il est important d’apprendre à mieux la connaître.

De plus, sachez que l’achat de ce roman permet de soutenir les personnes souffrant de maladie des voies respiratoires. Une partie des bénéfices relatifs à la vente de l’ouvrage est reversée à la Ligue Pulmonaire Fribourgeoise.

*****

Une toute petite remarque de rien du tout concernant la mise en page, le texte de la dernière page n’est pas complètement justifié et la première page n’est pas écrite dans la même écriture que le reste. Je ne sais pas du tout si c’est voulu ou pas et puis ça se remarque à peine. Et si ça tombe, ça a changé depuis ^^