Twixt de Francis Ford Coppola

Film fantastique, qui a fait l’ouverture du dernier Festival de Gérardmer
Avec Val Kilmer, Bruce Dern, Elle Fanning, Ben Chaplin,…

Écrivain sur le déclin, Hall Baltimore (Val Kilmer) arrive à Swan Valley (bourgade pommée au fin fond des États Unis) pour une séance de dédicace de son dernier roman de sorcellerie. Il est pris à partie par le shérif du village (Bruce Dern) qui lui raconte qu’il écrit également des histoires, qu’une jeune fille du coin est morte dans d’étranges conditions et qu’il soupçonne un tueur en série, ne serait-ce pas un bon sujet de roman ? Pourquoi ne pas écrire avec lui ? Dans un rêve, Hall rencontre le fantôme d’une jeune fille dénommée V. (Elle Fanning). Il y a-t-il un lien avec la jeune fille retrouvée morte ? En tout cas, Hall pense détenir là un bon sujet pour son nouveau roman qu’il a promis à son éditeur…

J’ai beaucoup aimé cette histoire et l’atmosphère du film. On suit un écrivain dont les ouvrages se vendent de moins en moins bien et qui est malheureux et alcoolique depuis la mort de sa fille. Par contrat avec son éditeur, il est enfermé dans un type de romans (la sorcellerie) et il n’est plus perçu par ses lecteurs comme un auteur crédible, il ne se renouvèle pas, et même s’il en a l’envie, il ne le peux pas encore. Le shérif de la ville lui propose de coécrire un livre mais sur un thème quelque peu différent, les vampires, car ce shérif est convaincu que les jeunes gens qui vivent de l’autre coté du lac sont des adorateurs du diable, et des vampires. Et que la jeune fille morte (et retrouvée avec un pieu dans le cœur) est liée à ces jeunes gens et est la victime d’un tueur en série. D’abord Hall rejette la proposition du shérif mais dans son sommeil, il va faire des rêves étranges. Il va donc rester en ville et tenter d’en apprendre un peu plus sur la ville et l’endroit où il se trouve, réputé maudit, hanté et où le temps ne s’écoule pas comme ailleurs (le clocher du village dispose ainsi de 7 horloges, indiquant toute une heure différente).

Le personnage de cet écrivain est vraiment attachant, il est alcoolique depuis la perte de sa fille dans un accident et les rêves qu’il va faire, vont nous permettre d’en apprendre plus sur les circonstances de cette mort et pourquoi il est devenu alcoolique. Une manière pour Copolla de montrer que le drame personnel vécu par un « artiste » influence considérablement son univers et sa manière de  le représenter (en effet, sans la révéler la façon dont est more de la fille d’Hall est la même que celle du fils aîné de Copolla : Gian-Carlo, surnommé Gio).

Hall Baltimore découvre plein de choses dans ses rêves (pas toujours provoqués par la fatigue) sur le passé de la ville , il rencontre V. le fantôme d’une jeune fille de 12/13 ans. Il va découvrir que des enfants ont été massacrés bien des années plus tôt dans un lieu qui après est devenu un hôtel. Au cours de ses rêves, il arrive à faire le lien entre le passé de la ville et la morte de la jeune fille retrouvée récemment. L’ambiance des rêves est fantastique et les images sont simplement magnifiques. Filmées en dégradé de gris (pas complètement du noir et blanc) dans des lieux fantasmagoriques (une forêt, une falaise,..) avec de la brume, l’ambiance y est vraiment. Et le détachement de certaines couleurs (le rouge, le jaune, …) donne des scènes magiques et très belles.

Sans rentrer dans les détails de l’histoire pour ne pas trop en révéler, les rêves, comme bien souvent sont les rêves, faits par Hall sont étranges et décousus, parfois embrouillés, mais toutes les informations importantes sont données. Et les recherches de Hall sur les jeunes du lac donnent également des éléments. Par notre réflexion, on arrive assez facilement à remettre les événements et les idées en ordre.

C’est un film fantastique, esthétique et poétique. Un des jeunes de l’autre coté du lac, le « chef » est un être mystérieux, mélancolique, qui récite du Baudelaire en français dans le texte, les jeunes filles chantent de l’opéra ou danse devant de grands feux. Sont-ils vraiment maléfiques ? Dans ses rêves, Hall tombe sur Edgar Allan Poe (joué par Ben Chaplin), personnage mystérieux, mélancolique et sombre, qui va le guider dans sa quête d’une histoire à écrire et de la fin à trouver, dans un besoin de se livrer et de parler du malheur vécu,…

Certaines scènes sont tragi-comiques, comme aime les faire Coppola, Val Kilmer est excellent dans le rôle de l’écrivain alcoolo en panne d’inspiration (par exemple il n’arrive pas à débuter son roman, il essaie différentes accroches mais  ça ne va jamais. Il ne sait commencer un roman que toujours de la même manière : « il y avait de la brume sur le lac ». ).

J’ai trouvé le film très beau, avec ce qu’il faut de fantastique, l’histoire est bien tournée même si le style est étrange et esthétique. Et en plus, il m’a donné envie d’en savoir plus sur Edgar Allan Poe et ses ouvrages. Et de me pencher un peu plus sur l’œuvre cinématographique de Monsieur Coppola.

4 réflexions sur “Twixt de Francis Ford Coppola

  1. Natiora dit :

    Je pense que ça me plairait beaucoup, dommage qu’il ne soit plus à l’affiche.

  2. lilithcamille dit :

    J’ai toujours pas compris POURQUOI ce film n’a pas été mieux distribué dans les salles …

    C’est beau, c’est onirique, c’est halluciné et psychotique …
    Je suis bien contente qu’il soit encore à l’affiche au Majestic !!!

    Par contre David a détesté, pour les même raison que moi j’ai aimé, c’est à dire principalement l’atmosphère (quand il plonge dans ses rêves).

    Même si la mise en scène est plus qu’étrange, j’ai bien accroché à l’histoire.
    Ce n’est pas explicite, mais pour moi on était immergé dans le processus créatif de Hall Baltimore. Et c’était vraiment intéressant !
    Au passage j’ai beaucoup aimé la prestation d’un Val Kilmer à la dérive !

    Très bon et étonnant Boby Lagrange également…
    Par contre Dakota comment dire elle casse pas trois patte à un canard boiteux…

    • Contente que tu aies aimé !
      Je pense que Tom aurait été comme David, il aime pas trop quand parfois tu sais plus ce qui est réel ou ce qui tient du songe.

      Onirique c’est le mot ! Je l’avais pas utilisé, il m’était pas venu mais tu as bien trouvé ! Exactement ça !!!

      Et euh oui Dakota bah euh… comme toi quoi 😀

une petite bafouille !

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