Anonymous de Roland Emmerich

Il y a beaucoup de théories développées indiquant que William Shakespeare n’aurait pas écrit les œuvres qu’on lui attribue. William Shakespeare, une énigme littéraire, un mystère fascinant.


Ce film nous plonge au cœur du Londres de la seconde moitié du 16ème siècle et nous propose une nouvelle version de l’histoire de William Shakespeare, dramaturge et poète.

La théorie abordée ici est la suivante : le 17ème comte d’Oxford Edouard de Vère serait le véritable auteur de toutes les pièces de William Shakespeare. L’histoire se noue sur fond de succession du trône de la reine Elisabeth  Ière d’Angletette.

Un film qui tient ses promesses, les décors, les acteurs et la photographie sont sublimes !  2h18 que je n’ai pas vu passer !

J’ai beaucoup aimé le choix des acteurs :

Le comte de Vère est joué par Rhys Ifans.

Son nom ne vous dit rien mais vous l’avez déjà vu quelque part ?

Vous ne rêvez pas, cet acteur habitué aux seconds rôles, c’est bien Spike dans Coup de foudre à Notting Hill, Gavin dans Good Morning England ou encore le père de Luna dans Harry Potter !

 

Je sais pas vous mais moi j’aime les acteurs qui jouent avec leur style dans les différents films qu’ils font !

Rhys Ifans est ici dans le rôle principal et sa performance est très réussie !

J’ai beaucoup aimé le choix d’une actrice et de sa  fille pour le rôle Élisabeth jeune et vieille. C’est une très bonne idée et permet une cohérence dans le physique du personnage (qui parfois choque quand on passe d’une époque à une autre).

Vanessa Redgrave joue Élisabeth à la fin de son règne et Joely Richardson joue Élisabeth dans toute sa gloire :

et

Les autres membres du casting sont excellents également.

L’atmosphère, l’ambiance, le rythme, l’histoire, l’énigme Shakespeare, font que je suis complètement rentrée dedans.

C’est un très bon film, un coup de cœur!

J’attends sa sortie en DVD maintenant, normalement le 9 mai 2012.

Et vous, l’avez-vous vu ?

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Suite à des échanges sur la page FB du blog, j’ai eu la question suivante de ma copine Sidonie :

 » le film est bon, mais est-ce qu’il influence? cette théorie te semble-t-elle plausible? est-ce que c’est documenté? pourquoi les fanatiques n’ont-ils pas brûlé les cinémas?!!! ^^ parce que bon, Roland Emmerich, quoi! »

Je me permet donc de compléter un peu cette chronique avec la réponse donnée 😉

« Le film commence de nos jours et c’est un acteur de théâtre contemporain qui raconte cette théorie. On le voit dans la bande annonce, il expose ce que serait la vérité mais rien ne peut être prouvé.

Pourquoi brûler le cinéma? La thèse que Shakespeare n’aurait pas écrit ses pièces remonte à longtemps déjà, c’est pas Roland Emmerich qui l’a inventée. Et c’est très crédible dans le film, clairement on y croit au fait que Shakespeare qui était acteur, ait endossé le rôle de l’auteur pour de l’argent et parce qu’un noble ne pouvait être dramaturge et encore moins faire passer des messages sur la religion, la politique etc. Je pense personnellement que William Shakespeare est le père de ses oeuvres et je ne suis pas choquée ou outrée qu’on cherche à remettre cela en cause. Au contraire, c’est tout ce mystère qui est intéressant et qui alimente l’imaginaire !

Je pense que Emmerich ou plutôt le scénariste John Orloff est allé puiser toutes ces infos dans le nombreux documents produits par ceux qui recherchent la paternité des pièces de Shakespeare et celle des « anti-stratfordiens » comme Abel Lefranc ou J. T. Looney.

Le film est vraiment bien, qu’on aime ou pas le réalisateur (moi personnellement j’aime ses films Le Jour d’après, Stargate, The Patriot notamment), ici sans connaitre le budget ça ne fait pas grosse production avec multes effets visuels. Mais l’image est sublime.

(EDIT du 12 avril 2012)

La Horde du Contrevent d’Alain Damasio

Avant de vous proposer un billet sur ma dernière lecture, je continue dans mes derniers coups de cœur. Après Batignolles Rhaposdy, je vous présente Les Hordes du Contrevent d’Alain Damasio.

Il s’agit d’une lecture dans le cadre du Club de lecture auquel je participe, lecture du club de février.

Folio SF, 700 pages, 9,90€

Résumé (4ème de couverture)

Imaginez une Terre poncée, avec en son centre une bande de cinq mille kilomètres de large et sur ses franges un miroir de glace à peine rayable, inhabité. Imaginez qu’un vent féroce en rince la surface. Que les villages qui s’y sont accrochés, avec leurs maisons en goutte d’eau, les chars à voile qui la strient, les airpailleurs debout en plein flot, tous résistent. Imaginez qu’en Extrême-Aval ait été formé un bloc d’élite d’une vingtaine d’enfants aptes à remonter au cran, rafale en gueule, leur vie durant, le vent jusqu’à sa source, à ce jour jamais atteinte : l’Extrême-Amont.
Mon nom est Sov Strochnis, scribe. Mon nom est Caracole le troubadour et Oroshi Melicerte, aéromaître. Je m’appelle aussi Golgoth, traceur de la Horde, Arval l’éclaireur et parfois même Larco lorsque je braconne l’azur à la cage volante. Ensemble, nous formons la Horde du Contrevent. Il en a existé trente-trois en huit siècles, toutes infructueuses. Je vous parle au nom de la trente-quatrième : sans doute l’ultime.

Mon avis

J’avoue, j’y suis allée à reculons. Encore de la Fantasy, de la SF (à peu près 1 livre sur 2 dans le club cette dernière année) encore un livre énorme (700 pages), des critiques mitigées et acerbes sur certains sites internet. Et bien comme quoi, faut toujours se faire son propre avis : ce livre est pour moi une EXCELLENTE SURPRISE !!!!! Loin de ce que je lis d’habitude et pourtant j’ai beaucoup aimé.

J’ai d’abord eu du mal à rentrer dans l’histoire -pas du fait qu’il y ait plusieurs narrateurs (en effet, la Horde se compose de 23 protagonistes, repérés par l’auteur par des symboles divers (ex : Ω pour Golgoth, ∏ pour le Prince,…)- plutôt parce que j’ai commencé en lecture hachée dans les transports en commun et parce qu’au début ils sont déjà en route depuis 30 ans, ça m’a perturbé. Mais finalement, le style est travaillé et très efficace, les personnages attachants et singuliers. Alors une fois commencé, très difficile de lâcher ce livre ! J’ai mis de coté dans ma lecture les aspects philosophiques et “sur le sens de la vie” pour le prendre comme un vrai roman d’aventures. On est dans la horde, on vit la horde, on devient la horde! (Et cela c’est très fort de la part de M. Damasio !).

On tremble, on s’émeut, on les encourage, on partage leurs victoires et leurs abattements.
Et finalement, une fois fini, toutes les symboliques nous rattrapent, la quête de la vie, le chemin qu’on suit, les défis, les peurs à combattre, rester debout, continuer, le courage, être humain, être différent, savoir renoncer, l’entraide, et j’en oublie, et font que le livre marque par sa forme, son contenu, ses idées.

Petit bémol

On sait un peu trop tôt (à 250/300 pages de la fin) à mon gout comment va certainement finir cette histoire, ou comment vont tourner les événements.

La fin est cohérente, peut être un peu frustrante, mais c’est un point de vue personnel, beaucoup de membres du club n’ont pas ressentie la fin de cette manière.

Mais sinon

Et s’il y a un jour une suite même si elle ne reprend pas l’idée de horde (c’est ce qu’on peut lire ici et là sur le net) mais garde l’univers créé par l’auteur, je dis banco !

Concernant les personnages, il y a un très gros travail de l’auteur, j’ai lu qu’il a mis 4 ans à faire les fiches des personnages ! Il est vrai que prendre 23 protagonistes au départ est un défi, et c’est réussi.
Ma préférence va à Caracole le troubadour qui en sait beaucoup (trop?). Et ensuite Sov, qui se pose moultes bonnes questions, Aoi la sourcière, Callirohé la feulleuse et Steppe celui qui connait les plantes et la nature en général.

Mais c’est difficile de ne pas les “aimer” tous parce que la 34ème horde est un personnage à part entière, chacun en fait partie, a son savoir, ses qualités et ses défauts, ils en deviennent presque parfois indissociables!

Mention spéciale à Golgoth, bourrin et vraie force de la nature, spécial mais qui nous touche quand même !

La Horde du Contrevent pour moi c’est une grosse claque (une grosse rafale de vent 😉 ) Une très belle découverte, je le conseille à tout le monde !